THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LA  FÉE  AUX  OISEAUX

fée aux oiseaux, Fragerolle, en ombres chinoises, theatre d`ombres, silhouettes, marionnettes
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k885557v.r=fragerolle


de Georges et Jean Fragerolle

domaine public


ORDRE  DES  TABLEAUX


1er Tableau : LA FÉE
2ème Tableau : LE COQ
3ème Tableau : L'ALOUETTE
4ème Tableau : LES HIRONDELLES
5ème Tableau : LES RAMIERS
6ème Tableau : LES PALMIPÈDES
7ème Tableau : LES MOUETTES
8ème Tableau : LE HIBOU
9ème Tableau : LE ROSSIGNOL
10ème Tableau : ÉPILOGUE


fée aux oiseaux, Fragerolle, en ombres chinoises, theatre d`ombres, silhouettes, marionnettes
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PREMIER TABLEAU : LA FÉE

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La fée aux oiseaux passait sur son char,
Quand un pâtre lui dit : « Apprends-moi, douce reine,
Ce que dit la chanson que l'oiseau babillard
Module dans le jour et dans la nuit sereine
. »

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La fée ainsi parla : « Pour me suivre au ciel pur,
Laisse là tes brebis. Au cours de ton voyage,
Tu vas savoir ce qu'en leur multiples ramages
Chantent, chantent les hôtes de l'azur.
  »

 

DEUXIÈME  TABLEAU  :  LE  COQ

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Dover Publications inc.


À peine à l'horizon pointe la pâle aurore,
Une aubade sonore
Éclate dans le ciel obscur :
Cocorico, cocorico !
C'est Chantecler qui claironne
Et nous sonne.
Un appel vif et joyeux ;
De toute part la fanfare
Se prépare
À fêter l'éveil des cieux.
Chantecler dit à la ronde
Que le monde
S'élève au matin du jour ;
Voici qu'en sa course prompte
Phébus monte
Et féconde le labour.


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TROISIÈME  TABLEAU  :  L'ALOUETTE


Le soleil poursuit sa carrière,
Lançant son hymne coutumière.
L'alouette plane au divin jour
À toi salut, astre que j'aime,
À toi salut, clarté suprême
Qui montres l'infini des cieux.
Mon aile ce matin, mon aile ce matin encore,
M'emporte comme à chaque aurore
Vers ton palais mystérieux.
Si je ne puis jamais t'atteindre,

Qu'importe, j'irai sans me plaindre
Retomber au sillon fatal.
C'est en montant, c'est montant vers la lumière
Que j'ai pu, comme une prière,
Te dire mon chant matinal.

 

QUATRIÈME  TABLEAU  :  LES  HIRONDELLES

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Dover Publications Inc.


Les hirondelles,
En ribambelles,
Ont repeuplé le firmament
Sur des fils, elles vont se poser un moment...
Nos ailes fugitives
Nous conduisent aux rives

Où furent nos berceaux
Et tranquilles, nous sommes

Hôtesses de ces hommes
Que craignent tant d'oiseaux.
Notre nid tutélaire,
On l'attend, on l'espère
Dans le printemps en fleur
Car il est, on l'assure,
Pour palais ou masure
Un gage de bonheur.
Heureuse est l'hirondelle,
Heureux, l'hôte fidèle
Qui protège notre nid.
Doux et charmant mystère !
L'hirondelle est sur terre
L'oiseau que Dieu bénit.



CINQUIÈME  TABLEAU  :  LES  RAMIERS

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Dover Publications Inc.


Colombes, colombes et ramiers,
Des géants peupliers
Sont les hôtes.
Pour leurs nids, ils font choix

Des cimes de nos bois
Les plus hautes.

C'est aux faîtes, très loin du sol,
Que ces oiseaux au large vol
Reposent leurs ailes puissantes.
De là, reprennent leur essor
Pour aller planer sans effort
Au dessus des forêts qui chantent ;
Pour braver l'arme du chasseur
Et les pièges de l'oiseleur,
Il faut fuir la terre mauvaise,
Rester prochain du firmament
Où l'on peut vivre s'aimant
Nicher et roucouler à l'aise.
Colombes, colombes et ramiers

Des géants peupliers sont les hôtes
Pour leurs nids, ils font choix
Des cimes de nos bois
Les plus hautes.



SIXIÈME  TABLEAU  :  LES  PALMIPÈDES

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Dover Publications Inc.


Oh ! Le troupeau grotesque et la sotte volaille !
Dindons, canards, oisons déployés en bataille
Vont, commandés par un gamin,
Tout en se dandinant, l’œil arrondi, stupide.
L'estomac bien rempli mais la cervelle vide,
Ils défilent sur le chemin.

Que disent leurs coins-coins, leurs glouglous imbéciles ?
Rien, sinon que la mare est voisine et facile,
L'accès d'un fumier précieux.
Passez, en votre allure absurde et solennelle,
Vous à qui la nature a prodigué des ailes
Et fermé la route des cieux.



SEPTIÈME TABLEAU : LES MOUETTES

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Dover Publications Inc.

Pour la lointaine lande
Partent les matelots.
Les mouettes en bandes
Les suivent sur les flots.
Voguez, les gars, votre bruyante escorte

Jusqu'au retour ne vous quittera pas
Un même élan vous pousse et vous emporte.

Voguez, les gars, voguez, les gars !
Votre réveil, aux aurores plaintives,
Chaque matin sera fêté là-bas
Des mêmes cris qui planaient sur nos rives.
Voguez, les gars, voguez, les gars ! gars !
Mais au retour, en activant notre aile,
Filant devant, nous fuirons les frimas
Pour annoncer la joyeuse nouvelle.
Voguez, les gars, voguez, les gars ! gars !



HUITIÈME TABLEAU : LE HIBOU

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Dover Publications Inc.

 

Dans le ravin plus noir
C'est l'heure où le hibou s'éveille.
La nature prête l'oreille
Au chantre sinistre du soir.
Les oiseaux des hautes futaies,
Les perdrix parmi les blés murs,
Les pinsons cachés dans les haies,
L'hirondelle au creux des vieux murs
Frémissent quand vient l'heure
Où gémit dans les bois
La voix
Du hibou qui pleure.
Le berger dans sa maisonnette
Et les troupeaux dans leurs pâtis,
La grand' maman et la fillette,

Les vieillards et les tout petits
Sont tremblants d'épouvante
Quand passe sur leurs toits
La voix
Du hibou qui chante.


NEUVIÈME TABLEAU : LE ROSSIGNOL

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Dover Publications Inc.

Un autre oiseau pourtant va chanter à son tour
Du soir à l'aurore du jour
Ô chef d’œuvre d'amour, de tendresse infinie !
Quand sa compagne couve et veille dans la nuit,
Pour calmer sa fatigue et bercer son ennui,
Le rossignol alors invoque son génie.

Quels accents monteront dans la forêt profonde ?
Tout écoute et se tait sous le grand ciel ouvert.
La nature convie à ce divin concert
Les sommets orgueilleux et les étoiles blondes.
Mais on n'entendra pas longtemps cette romance :
Les petits sont éclos et vont prendre leur vol,

Donc, à quoi bon chanter ?
Le tendre rossignol
Jusqu'au printemps nouveau gardera le silence.


DIXIÈME TABLEAU : ÉPILOGUE

Pour finir, la fée immortelle
Reconduisant le pâtre à ses tremblants troupeaux.
« Adieu, tu sais ainsi que moi, dit-elle,
Tout ce que chantent les oiseaux. »


FIN



 
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