THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LE  PETIT  POUCET

écrit par Nicolas AUBERT

d'après Charles PERRAULT

libre de droits

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     (On aura intérêt, si on dispose de la place nécessaire, de travailler sur deux castelets : la forêt et la maison. Ainsi, en fonction des actes de la pièce, on jouera tantôt sur l'un, tantôt sur l'autre).
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On différenciera les ombres du petit Poucet et celles du Petit Chaperon Rouge.


ACTE  I

DANS  LA  FORÊT

PERSONNAGES :

POUCET   ET  SES  FRÈRES


 

(Poucet dort).

UN  FRÈRE. - Poucet, Poucet, réveille-toi !

POUCET. - Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

UN  FRÈRE. - Nous sommes perdus dans la forêt. Nos parents ne sont plus là. Qu'est-ce qu'on doit faire ?

POUCET. - Ne vous inquiétez pas, on va rentrer comme la dernière fois.

UN  FRÈRE. - Tu as encore semé des petits cailloux blancs ?

POUCET. - Non, je n'ai pas pu sortir la nuit dernière, la porte était fermée à clef. Mais j'ai semé des petits bouts de pain sur le chemin.

UN  FRÈRE. - Je ne vois de bouts de pain nulle part, Poucet.

POUCET, regardant autour de lui. - Tu as raison, tous les oiseaux du ciel ont dû les manger.

UN  FRÈRE. - Qu'est-ce qu'on va faire ? On va mourir de faim ou...

POUCET. - Tais-toi ! Je vais grimper à un arbre et voir si je ne distingue pas une lumière au loin. (Il grimpe à l'arbre). Je vois une lumière, par là. (Il descend). Venez, suivez-moi.

     (Ils se dirigent tous vers la droite de l'écranet arrivent à une maison).

POUCET, à ses frères. - Vous voyez, nous venons de trouver une maison. Nous allons demander un abri pour la nuit.

UN  FRÈRE. - Mais... mais tu n'y penses pas...

UN  AUTRE  FRÈRE. - Tu ne te rends pas compte : nous sommes chez des étrangers, des inconnus.

POUCET. - Bien sûr que je le sais. Seulement, nous n'avons pas le choix. Il faut nous abriter pour la nuit.

      (Il frappe à la porte).



ACTE  II

CHEZ  L'OGRE

PERSONNAGES :

POUCET  ET  SES  FRERES
L'OGRESSE
L'OGRE



L'OGRESSE. - Entrez, entrez, mes petits... Ne restez pas dehors, voyons. Entrez, que je vous voie...

POUCET. - Merci, vous êtes bien aimable, madame.


L'OGRESSE, à part. - Voir autant de bonne viande, ça me rend folle. Si je me débrouille bien, je vais pouvoir tous les manger un par un. (Haut). Entrez, entrez, je vais vous faire à manger. Je suis sûre que vous mourez de faim.

POUCET. - Merci beaucoup, madame.

L'OGRESSE. - Mais... qu'est-ce que j'entends ? C'est mon mari qui revient... C'est un ogre... Vite, les enfants, cachez-vous. (Poucet et ses frères sortent de l'écran, côté maison de l'ogre).

L'OGRE, qui entre dans la maison. - Femme, donne-moi à boire et à manger. Tout de suite !

L'OGRESSE. - Tout de suite, mon chéri.

L'OGRE. - Mais... ça sent la chair fraîche...

L'OGRESSE. - C'est vrai, mon mari. Un bûcheron est passé cet après-midi.

L'OGRE. - Non, ça ne sent pas le bûcheron. L'odeur est beaucoup plus tendre... On dirait qu'il y en a plusieurs.

L'OGRESSE. - Oui... le bûcheron transportait un gros sac d'animaux qu'il avait attrapés...

L'OGRE. - Des animaux ? Mais qu'est-ce que tu me chantes là ? Je renifle plus de cinq odeurs des plus tendres, des odeurs d'enfants d'homme. (Il crie). SORTEZ ! QUE  JE  VOUS  VOIE !

     (Poucet et ses frères arrivent silencieusement devant l'ogre. L'ogresse sort).

POUCET, s'inclinant. - Vous nous avez appelés, Monseigneur ?

L'OGRE. - Oui, cher enfant. Je désire que vous partagiez mon repas et que vous profitiez de mon hospitalité pour cette nuit. La forêt n'est pas sûre en ce moment.

POUCET, s'inclinant encore. - Soyez-en remercié, Monseigneur.

     (Ils mangent).

L'OGRE. - Je suis content, mes enfants, vous avez bien mangé. Allez vite vous coucher, maintenant. Je vous reconduirai chez vous demain matin.

POUCET, sortant avec ses frères. - Bonne nuit, Monseigneur, et encore merci.

L'OGRE, resté seul. - Femme, femme, apporte-moi mon grand couteau. J'ai de la viande à préparer demain matin : sept gros morceaux de viande bien tendre. Je vais me coucher.

     (Il sort. Poucet et ses frères entrent).

UN  FRÈRE. - Pourquoi on s'en va, Poucet ?

POUCET. - C'est évident, non ?

UN  AUTRE  FRÈRE. - On est bien ici. Dehors, il fait noir, il fait froid...

POUCET. - Et ici, il fait chaud parce qu'il y a un grand four dans lequel on va nous cuire pour nous manger. Sauvons-nous pendant que nous le pouvons encore.

     (Ils sortent. La lumière s'éteint puis se rallume).

L'OGRE, arrivant en courant. - Où sont-ils passés ? Où sont-ils passés ? Femme ! Femme !

L'OGRESSE, arrivant. - Que cherches-tu, mon homme ?

L'OGRE. - Les enfants... les sept petits enfants...

L'OGRESSE. - Quoi ? Tu ne leur a pas encore coupé le cou pour les faire cuire ?

L'OGRE. - Non, femme ! Ils ne sont plus là ! Tu ne les aurais pas mangés à toi toute seule, par hasard ?

L'OGRESSE. - Ne dis pas n'importe quoi. Je n'ai pas ton appétit ni ton gros ventre pour avaler autant de viande.

L'OGRE. - Prépare la marmite. Je vais les rattraper. Avec mes bottes de sept lieues, ça me sera facile.

      (Il sort en faisant un grand bond. L'ogresse sort à son tour).



ACTE  III

LA  POURSUITE

PERSONNAGES :

L'OGRE - POUCET  ET  SES  FRERES



     Changement de décor : forêt. On voit Poucet et ses frères cachés dans le décor.


     (L'ogre passe et repasse plusieurs fois).

L'OGRE. - Oh... je suis épuisé. J'ai trop couru. Je vais m'arrêter contre cet arbre et faire une petite sieste. Je reprendrai mes recherches après.

POUCET, sortant de sa cachette. - Prenons-lui ses bottes magiques. Attention... doucement... ça y est.

     (Poucet sort avec les bottes. Ses frères quittent l'écran).

L'OGRE, se réveillant. - Quoi ? on m'a pris mes bottes ? Je n'ai plus qu'à rentrer à la maison.

 
     (Il se dirige vers le côté de l'écran).

L'OGRESSE, arrivant. - Alors, mon chéri, tu as été libéré ?

L'OGRE. - Comment ça, libéré ?

L'OGRESSE. - Oui, j'ai donné notre trésor au petit garçon à qui tu as prêté tes bottes.

L'OGRE. - Co... co... comment ?

L'OGRESSE. - Oui, pour payer la rançon que demande le roi qui vient de te faire prisonnier...

L'OGRE. - Ne dis plus rien, j'en ai trop entendu. Rentrons, tu veux ? (Il sort avec l'ogresse).

POUCET, de retour, avec les bottes de sept lieues. - Ces bottes sont super. Avec le trésor de l'ogre, on est riche à la maison. Papa, maman, les frères sont contents. Et moi, je passe mon temps à me promener avec ces bottes magiques. Youpi !

      (Il sort).

 FIN
 


     Une version en théâtre pour enfants et libre de droits est visible sur :
http://theatrepourenfants.wifeo.com/poucet.php

 
 



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