THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

DON QUICHOTTE DE LA MANCHE


Don Quichotte en théâtre d`ombres chinoises silhouettes marionnettes

Pantomime en deux parties et sept tableaux

tirée du roman de MICHEL DE CERVANTES

Cirque d'hiver (Paris)

1870

domaine public

PERSONNAGES :
DON QUICHOTTE,
SANCHO PANÇA,
MARITORNE,
PAYSANNES et PAYSANS,
GÉANT,
NAIN,
PERRUQUIER,
FIGURANTS.

 

PREMIÈRE PARTIE


I. — COMMENT IL ADVINT QUE DON QUICHOTTE RÉSOLUT DE COURIR LE MONDE EN QUÊTE D'AVENTURES HÉROÏQUES.

     « ...notre gentilhomme s'acharna si fort à sa lecture qu'il y passait les jours et les nuits, de sorte qu'à force de lire et de ne point dormir, il se dessécha le cerveau à tel point qu'il en perdit le jugement. »

CERVANTES

 

     La scène se passe dans le manoir de Don Quichotte.
 

     Don Quichotte entre, l'air inspiré, lisant un vieux livre de chevalerie, dont les récits lui inspirent un fol enthousiasme. Étonnement de son serviteur Sancho Pança. En proie à un désir belliqueux, Don Quichotte revêt une vieille armure avec l'aide de Sancho, tremblant de peur. Il saisit sa lance et se campe fièrement, invitant son pacifique serviteur à le suivre en qualité d'écuyer.
     Sancho refuse d'abord, mais, gagné par son ardeur, se décide à l'accompagner dans ses pérégrinations aventureuses.
     Tous deux quittent ta maison, malgré les supplications de la famille de Don Quichotte.


 

II. — DON QUICHOTTE RENCONTRE L'INCOMPARABLE DULCINÉE DU TOBOSO, DAME DE SES PENSÉES.

     « Ne fuyez point, mademoiselle, vous n'avez rien à craindre. L'ordre de chevalerie dont je fais profession ne me permet pas d'offenser personne et moins encore de belles et honnêtes personnes comme vous. »

CERVANTES

 

La scène représente la campagne : un moulin, un lavoir.


     Des paysannes viennent laver du linge auprès du moulin ; elles sont bientôt interrompues dans leur travail par une bande de jeunes paysans qui leur tiennent de gais propos et les convient à danser. — Danse générale.
     Arrive la doyenne des vieilles filles du village, nommée Maritorne, dont la vue excite les rires et les plaisanteries des paysans et paysannes.
     Restée seule, Maritorne se rend au lavoir, et commence à y laver le linge qu'elle a apporté.
     Don Quichotte, monté sur Rossinante, et Sancho sur son âne entrent en scène.
     Admiration de Don Quichotte à la vue de Maritorne, qu'il prend, malgré les avertissements railleurs de Sancho, pour la belle Dulcinée du Toboso, l'héroïne fameuse d'un roman de chevalerie dont sa cervelle est pleine. Don Quichotte met pied à terre, et s'approche de la belle princesse qui le reçoit fort rudement ; notre héros n'en tombe pas moins à ses genoux, et lui déclare son amour.
     Il remonte à cheval et enlève en croupe sa bien-aimée, malgré les cris et la résistance des paysans,
     Ceux-ci, embrassant la cause de Maritorne, qui a pu échapper à son ravisseur, et les excite à la venger, s'emparent de Sancho et, malgré ses protestations, l'attachent à la roue du moulin ; puis ils le bernent dans une couverture, le faisant sauter et ressauter en l'air (Il sera plus simple de le rouer de coups à l'aide de bâtons en mousse).


III. — DU BON TOUR QUE DE MÉCHANTS GARÇONS JOUÈRENT À SANCHO ET CE QUI EN RÉSULTA.

     « Maudit soit et mille fois maudit celui lui qui m'a délivré du soin de débâter mon âne. »

CERVANTES


     Sancho Pança chemine sur son âne, tout moulu du bernage qu'il a subi, tombant de sommeil et de fatigue. Il finit par s'endormir sur sa monture, et celle-ci en fait bientôt autant. Des paysans qui le rencontrent glissent sous le bat de l'âne leurs fourches entrecroisées et enlèvent l'animal. Sancho reste ainsi suspendu dans le vide, toujours endormi. Don Quichotte arrive, le voit dans ce bizarre équipage et, le prenant pour un ennemi surnaturel, fond sur lui, lance au poing. Frayeur de Sancho. (Pour cet épisode, Sancho s'allongera en laissant son simulacre d'âne à côté de lui. Les paysans le voleront).
     Survient un perruquier qui demande à Don Quichotte s'il désire être rasé. Pour toute réponse, notre chevalier pique sur lui. Le perruquier demande grâce ; son vainqueur lui enlève son plat à barbe dans lequel il ne veut voir que le magique armet de Mambria. Il s'en coiffe ; Sancho, qui a repris ses sens, se charge de lui fournir un panache.

IV. DU GRAND COMBAT QUE DON QUICHOTTE ET SON ÉCUYER LIVRÈRENT À DES GÉANTS ET À DES NAINS.

« C'est ici ! Sancho, mon ami, s'écria Don Quichotte, que nous pourrons mettre le bras dans ce qu'on appelle aventures. »

CERVANTES


     Don Quichotte entreprend une lutte terrible avec l'illustre géant Palifondio. Sancho, entraîné par les exploits de son maître, combat le redoutable nain microcagon.

DEUXÈME PARTIE

1. OÙ L'ON VOIT SANCHO PANÇA DEVENU GOUVERNEUR D'UNE ÎLE

« Et, de fait, il était le gouverneur le plus courtois qu'on eût vu. »

CERVANTES


     Sancho est devenu le gouverneur dune île... déserte que son industrie a su peupler. Il fait à Don Quichotte les honneurs de sa seigneurie : il le fait assister à une audience de justice où le bâton est le grand justicier, puis lui donne là spectacle d'un combat à l'épée et d'un carrousel. Don Quichotte, à qui la vue des chevaliers a rappelé ses antiques prouesses, oublie soudain son rôle de spectateur et veut se mêler au tournoi.
     Monsieur le Gouverneur Sancho le rappelle au sentiment de sa dignité. Le bouillant Don Quichotte revient à lui et, enfin, s'excuse auprès des nobles personnages qui l'entourent.
     La reine du tournoi décerne au vainqueur une écharpe en récompense de son triomphe.

II. — DÉFILÉ DES TROUPES DE LA COUR DU GOUVERNEUR SANCHO. CELUI-CI ET SON VIEUX COMPAGNON DE ROUTE SONT PORTÉS, EN SIGNE D'HONNEUR, SUR LE PAVOIS.

 

UN VOYAGE EN BALLON.

     (Rien de Cervantes ni de Jules Verne).


     Pour échapper à la vengeance de Maritorne chez laquelle le souvenir de son enlèvement n'est pas éteint, Sancho trouve d'autre moyen que de se réfugier en un ballon dans lequel Maritorne le relance encore.
     Parti désespéré que prend Sançho.


FIN
 


     On imagine très bien cette pantomime sous le chapiteau d'un cirque, avec la part belle pour les écuyers et autres cavaliers.

     En matière d'ombres corporelles, il faudra jouer la carte de l'humour les chevaux seront de simples têtes fixées sur un manche à balai.

     Il conviendra à bien accessoiriser les acteurs afin de les rendre bien reconnaissables sur l'écran.
Les armes et accessoires pourront être largement caricaturaux.

     Les combats et bastonnades pourront être réalisés au ralenti.
 




 
 
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