THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LE DUEL

par Roger DÉZÉCOT

tous droits réservés


Six scènes de théâtre d`ombres, COTRA, montées par Roger Dézécot.

SCÈNE  À  JOUER  AVEC  DES  ACTEURS  DERRIÈRE  UN  DRAP


I. - Personnages.

1. Premier mousquetaire (A). Les pièces essentielles du costume seront les bottes à revers, le chapeau garni d'une immense plume d'autruche (s'inspirer d'une illustration du livre d'histoire ou tout simplement du Larousse -planche costume).

2. La servante d'auberge. Silhouette juvénile.

3. Le second mousquetaire (B). Même costume que le premier.


II. - Matériel.

1. Une table de jardin.

2. Deux chaises pliantes de jardin.

3. Deux épées.

4. Un soufflet de cuisine où l'on aura introduit de la farine et grâce auquel un assistant, caché sous la scène, enverra des jets de poussière qui figureront la vapeur s'échappant des entrailles du duelliste éventré.

5. Un gant de cuir bourré de laine ou de vieux chiffons qui figurera la main gauche du mousquetaire A, tenu par la main véritable cachée dans la manche. Cette main doit tomber à la suite d'un coup d'épée au poignet (§ 7).

6. Silhouette de la tête du mousquetaire B découpée dans du carton (y fixer une éponge d'où coulera l'eau figurant le sang).


III. - Sonorisation.

Pas de dialogues. N'employer que des exclamations :

Sifflements d'admiration à l'arrivée de la servante : «  Oh ! Oh ! » et « Eh ! Eh ! » de circonstance.

- Cris divers de fureur ou de douleur selon la situation au cours du combat.

- Bruit de ferraille.


IV. - Conseils divers.

1. Les duellistes devront veiller à ne pas trop s'écarter de l'écran et à ne pas sortir du champ dans le feu du duel.

2. Veillez à synchroniser parfaitement : 1° le coup d'épée au pied et l'arrêt de ce pied ; le coup d'épée au poignet et la chute de la main.

3. Ne pas oublier de poster un aide qui tiendra (§ 8) la tête découpée dans du carton. Il la plongera dans une cuvette d'eau de façon à humecter l'éponge collée de façon à être invisible. L'eau de celle-ci, en s'égouttant, figurera le sang s'échappant du cou tranché.

(Tous droits réservés).


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1. Lorsque le projecteur s'allume, le mousquetaire A est assis à la table. Il boit à longs traits à l'aide d'une chope gigantesque. Après avoir bu, il lisse sa moustache d'un air conquérant, vide la chope, brandit le pot à l'adresse du cabaretier.

2. Survient une accorte serveuse, porteuse d'un second pichet qu'elle dépose sur la table pendant que le mousquetaire, après avoir manifesté son admiration par des exclamations variées, la prend par la taille. La demoiselle se défend mollement. Il se lève, lui prend le menton et s'apprête à l'embrasser lorsque surgit un second mousquetaire (B).

3. B dégaine cependant que la demoiselle s'enfuit en montrant les signes de la plus vive frayeur.

4. Le mousquetaire A tombe en garde à son tour. Les deux adversaires se mesurent du regard, puis, brutalement, le combat s'engage dans un cliquetis de ferraille. Le premier combat timidement en se protégeant la tête à l'aide du bras tandis que le second gesticule de façon effrayante.

5. Soudain, B se lance à corps perdu et plante son épée dans le pied de son adversaire A (planter l'épée dans le plancher à côté du pied de façon à ce que, sur l'écran, l'épée semble avoir transpercé le pied). A gesticule sans pouvoir décoller son pied du sol ; il montre les signes de la plus vive souffrance et hurle de douleur. Dans un sursaut d'énergie, il arrache toutefois l'épée, se tient un moment le pied à poignée, puis sort son mouchoir, se bande le pied par dessus la botte et s'apprête à reprendre le combat.

6. Le combat recommence, toujours aussi acharné jusqu'à ce que A envoie une botte terrible et transperce de part en part l'abdomen de son adversaire. (A passe l'épée entre le corps et le bras de B qui fait tenir l'épée en la serrant). Il en lâche son épée de saisissement. B se tortille comme un ver en geignant de douleur. Sur le point de s'évanouir, il arrache l'épée en tombant (une fois qu'il est allongé, des jets de vapeur s'échappent de ses entrailles (II, 4).

7. Après quelques secondes de ce jeu, B relève la tête, se tâte, sort un bouchon de sa poche et se met en devoir d'obstruer le trou. Cette opération terminée, il fond sur son adversaire désarmé. A tend le bras gauche pour se protéger ; sans pitié, il lui envoie un coup au poignet. La main de A tombe (II, 5).

8. Le blessé A hurle en brandissant son moignon, puis, pris de fureur, il attrape son épée et court après son adversaire B qui sort du champ du projecteur. Il lance un coup d'épée fauchant à hauteur du cou, se précipite à son tour hors du champ et revient précipitamment en portant à bout de bras la tête de son rival (II, 6) qu'il contemple un instant avec un rire sardonique.

Après son passage, le projecteur s'éteint.
 

FIN
     D'autres saynètes du même auteur sont disponibles à partir de la page :
http://ombres-et-silhouettes.wifeo.com/roger-dezecot.php


     On pourra chercher d'autres histoires avec des ombres corporelles sur :
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