THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LA  FERMIÈRE  COQUETTE.

1800

Séraphin


femme coquette en theatre d`ombres ombres chinoises silhouettes marionnettes free

tirée de :

Le Séraphin de l'enfance :
recueil de pièces d'ombres chinoises,
dédiées à la jeunesse
...


Texte et ombres libres de droits.
 

 


La ferme

     Le théâtre représente une campagne ; à gauche du spectateur, une maison de ferme.

maison décor en theatre d`ombres ombres chinoises silhouettes marionnettes free
autre décor
 

PERSONNAGES :


 

CATHERINE, fermière.
GEORGES, fermier.

LUCAS, premier amant de Catherine.
LISETTE, servante.
CHRISTOPHE, garçon de ferme.


 

SCÈNE PREMIÈRE.

GEORGES, CATHERINE
.
 


Catherine
 

     (Catherine, la fermière, sort de la maison, suivie de plusieurs poulets ; elle semble leur donner à manger, en disant : Petits ! petits ! petits !)


Georges
 

GEORGES, sortant. - Me v'là prêt à partir, ma femme, mon voyage sera de peu de durée, j'espère que tu ne seras pas chagrine pour t'alarmer de mon absence.

CATHERINE. - C'est pourtant bien pénible, mon cher Georges, voilà si peu de temps que nous sommes mariés et il faut déjà nous séparer.

GEORGES. - Sois tranquille, ma femme, dans peu de temps je serai de retour, je te ferai quelques surprises agréables ; tu sais que la foire de Mâcon est riche en nouveautés, et comme j'espère réussir dans mes entreprises, je te rapporterai une toilette qui te fera ressortir parmi toutes les fermières du canton ; je sais que tu tiens à cela par dessus toute chose.

CATHERINE. - Adieu ! Georges, adieu ! mon ami.


     (Ils s'embrassent, la fermière rentre).

 

SCÈNE II.

 

GEORGES, seul. - Cette bonne Catherine me fait bien de la peine, voilà une femme comme j'en souhaite une à tous les maris ; à cela près, sa toilette, pourtant. Ah ! il m'en coûte beaucoup de m'en séparer, mais cependant il le faut; soyons prompt en mon expédition.


     (Il sort par la droite).


 

SCÈNE III.

 

CATHERINE. - Ce pauvre Georges, il me croit bien désolée de son départ, mais il se trompe, j'en suis charmée. Pendant son absence, je pourrai m'habiller à mon aise et faire un peu la dame, car Georges me dit toujours : "ma bonne, vous êtes un peu coquette, ne vous faites pas si belle" ; moi j'aime d'être parée, on vous regarde, on vous admire, j'aime d'être admirée, que l'on dise : "voyez madame Georges, comme elle se met avec goût" ; tout cela fait pester Fanchette du meunier et la fermière d'en face, et puis, c'est que cela tourmente encore Lucas, qui devait m'épouser ; et moi si j'aime à tourmenter Lucas, à faire croire aux autres qu'il m'aime et que je l'aime encore. On dit pourtant que cela est bien vilain d'être coquette, et moi si j'aime à être coquette, cela ne fait de mal à personne, je pense, et n'en fera pas à Georges, puisqu'il vient de partir.
 

SCÈNE IV.
 

LISETTE, CHRISTOPHE.


Lisette
 

     (Lisette sort de la maison, suivie d'une vache qu'elle tient par la corde et elle chante :)

 


 

LISETTE. -
     Fillettes, coquettes,
     Quand l'âge viendra,
     Vous serez seulettes,
     On vous dédaignera.

 


Christophe


CHRISTOPHE. - Savez-vous, mademoiselle Lisette, qu' c'est pas bien c' que vous chantez là, c'est un peu vrai pourtant; ma si la maîtresse vous entendait dire qu'aile est coquette.

LISETTE. - C'est à cause que nous sommes domestiques que nous ne devons pas dire c' que nous pensons. Oui, la bourgeoise est coquette, ça lui portera malheur ; d'ailleurs pour qui s'habille-t-elle ? pourquoi qu'elle se met du rouge sur les joues ?


CHRISTOPHE. - Ma, elle s'habille pour ne pas être comme notre première mère Ève, qu'est dans l'église, et elle se met du rouge, ça pour être tant soit peu plus agréable, j' croyons ça du moins ; et si j'en voyions plus, j'irais bien rechercher notre maît'e qui n'est pas bien loin.

LISETTE. - Oui ! Oui ! je le soutiendrai, les beaux habits font tourner les yeux de la bourgeoise, et vous verrez, Christophe, si je ne dis pas vrai ; pourquoi que Lucas qui l'aimait bien la regarde-t-il toujours ?

CHRISTOPHE. - C'te bêtise, Lisette, c'est qu'il se souvient qu'il devait se marier avec.

LISETTE. - Mais pourquoi qu'il vient toujours lui donner des bouquets ?
 




 
 
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