THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

VII. MARCHE-FUNÈBRE : Pierrot désespéré

     Pierrot resté seul se lamente, se désespère et décide qu'il en finira sur l'heure ; il se tuera. Il évoque son cortège funèbre, sonne son propre glas et pleure sur sa mort.
     « Oui ! Mieux vaut cela, puisque son cœur se refuse à mon cœur ! »
     Et, d'un caractère ferme, il met la pointe de son épée sur sa poitrine et fait mine de l'enfoncer violemment. Mais brusquement il se ravise... son courage défaille ; il sanglote douloureusement, l'épée tombe à terre :
     « Mourir si jeue ! » Des idées funèbres l'assaillent pourtant encore. Il ramasse son épée, décidé, à mourir, brave comme un soldat sur le champ de bataille de son amour.


VIII. PASTORALE : Pierrot jardinier

     C'est le matin : des Pierrots travailleurs, pioches et râteaux sur l'épaule, vont aux champs ; leurs femmes, des Pierrettes, les accompagnent portant des paniers de vivres ; ils vont gaîment. À leur vue, Pierrot lache son épée, réfléchir et abandonne ses idées noires. Lui aussi, comme ces braves gens, il saura vivre et travaillera ; comme eux, il récoltera des fleurs, des fruits ; il gagnera de l'argent qu'il offrira à Pierrette, et, aussitôt, sans plus tarder. Pierrot jardine, piochant, arrosant, ratissant. Vagues sonneries de cloches matinales. Le calme renaît dans l'âme de Pierrot.
     Il se repose et maintenant toutes ses idées d'amour lui reviennent, mais apaisées. Une émotion le pénètre. Il reprend sa bêche et jardine.

 

IX. CARILLON NUPTIAL : Heureux Pierrot

 
     À ses pieds, un beau lys vient brusquement de surgir. Il le cueille et, comme il l'incline, des flots d'or s'échappent de la blanche corolle ainsi que d'une corne d'abondance. Pierrette aussitôt accourt et radieuse se précipite dans les bras de Pierrot ivre de joie.
 

RIDEAU





 
 



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