THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LE TAILLEUR ET SON APPRENTI
 
Texte de Nicolas AUBERT, libre de droits.

Ombres du domaine public.

 

     Il s'agit d'une pièce d'ombres faisant partie du répertoire Séraphin.
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Pique-Prune cousant.

 
     Si on en trouve le titre et des références dans différents ouvrages, je ne dispose pas du texte d'origine. Cependant, une planche d'ombres est consultable sur le portail des arts de la marionnette :
http://www.artsdelamarionnette.eu/app/photopro.sk/marionnettes/


 
     On fera une recherche "Metz" ou "Didion" sur la page et on obtiendra des images sur lesquelles il faudra cliquer, puis sur l'icone en bas à gauche du rectangle rouge pour obtenir le cliché en grand. Attention, ces photos ne sont pas libres de droits. En revanche, les planches d'origine le sont.

     L'absence de texte ne m'ayant jamais arrêté en matière de théâtre d'ombres, voici le mien. On pourra ajouter, retrancher, changer ce que l'on voudra pour le faire sien.

     Les ombres sont tirées de la planche citée plus haut, sauf pour le décor de la maison qui vient de la planche MADAME LA BARONNE.

LE TAILLEUR ET SON APPRENTI

 

PERSONNAGES :

PIQUE-PRUNE, tailleur

GRENOUILLARD, apprenti tailleur
MADAME MERLUCHETTE, cliente
MADAME GARGAMELLE, cliente
BOIS-SEC, sergent
PETITE FILLE.


échoppe du tailleur
 

Décor : à gauche, l'échoppe du tailleur. À droite, une maison bourgeoise.


maison bourgeoise


TABLEAU : L'EMBAUCHE


SCÈNE I


PIQUE-PRUNE. - (assis, travaillant dans son échoppe et chantant :) (sur l'air de Cadet Rousselle)
Je suis le tailleur du quartier (bis)
Je fais le plus beau des métiers (bis)
Avec mes ciseaux, mes aiguilles,
Je fais les habits de la ville.
Ah, ah, ah oui, c'est vrai,
Je fais le plus beau des métiers.


SCÈNE II

PIQUE-PRUNE  ; MADAME MERLUCHETTE


MADAME MERLUCHETTE, entrant. - Bien le bonjour, monsieur Pique-Prune.

PIQUEPRUNE. - Bonjour, madame Merluchette. Quel bon vent vous amène ?


MADAME MERLUCHETTE. - Je viens chercher la pièce de drap que je vous ai commandée la semaine dernière.

PIQUE-PRUNE. - La voici ! (La pièce de drap sort de son étagère et vient dans les bras de madame Merluchette.)
 


pièce de drap.
 

MADAME MERLUCHETTE. - Merci bien, monsieur Pique-Prune. Mais qu'en est-il de ma commande de costumes pour mon mari ?

PIQUE-PRUNE. - Pour tout vous dire, madame Merluchette, je ne sais pas quand je pourrai m'y mettre. J'ai beaucoup trop d'ouvrage...

MADAME MERLUCHETTE. - Mais, voyons, ma commande date d'il y a deux mois.


PIQUE-PRUNE. - Je sais, je sais... et croyez bien que j'en suis désolé. Mais, voyez-vous, le roi ne voit plus que par moi et me confie toute sa garde-robe. J'ai dû l'ajouter à ma clientèle habituelle...

MADAME MERLUCHETTE. - Il est vrai que vous travaillez bien, monsieur Pique-Prune mais...

PIQUE-PRUNE. - Mais quoi, madame Merluchette ?

MADAME MERLUCHETTE. - Monsieur Pique-Prune, n'avez-vous jamais essayé de prendre un apprenti ?

PIQUE-PRUNE. - J'y ai pensé, madame Merluchette, j'y ai pensé. Mais où trouverai-je le temps pour le former ?


MADAME MERLUCHETTE. - Je crois que madame Gargamelle a un neveu qui connaît déjà le métier. Il est fort jeune mais il travaillait pour un compagnon réputé.

PIQUE-PRUNE. - Eh bien, madame Merluchette, n'hésitez pas à lui dire de venir me voir.

MADAME MERLUCHETTE. - Je n'y manquerai pas, monsieur Pique-Prune. Au revoir.

PIQUE-PRUNE. - Au revoir, madame Merluchette. (Elle sort.)

 

SCÈNE III

PIQUE-PRUNE ; SERGENT BOIS-SEC


Sergent Boissec

SERGENT BOIS-SEC, arrivant. - Bonjour, monsieur Pique-Prune.

PIQUE-PRUNE. - Bonjour, Sergent Bois-Sec. Comment allez-vous aujourd'hui ?


SERGENT BOIS-SEC. - Fort bien, mon brave, fort bien. Et vous même ?

PIQUE-PRUNE. - Comme vous le voyez, je travaille, je travaille...

SERGENT BOIS-SEC. - C'est que j'ai un lot de caleçons du régiment à vous faire repriser.

PIQUE-PRUNE. - C'est impossible, sergent. Le roi vient de me commander cinq robes de chambre, huit chemises et une série de draps brodés pour l'infante Geneviève.

SERGENT BOIS-SEC. - Diantre ! Quel travail ! Enfin, vous ferez comme vous pourrez. Si vous me rendez le service des caleçons, en plus du prix, je vous réserverai une surprise...

PIQUE-PRUNE. - Eh bien, je ferai ce que je pourrai... Au revoir, Sergent Bois-Sec.

SERGENT BOIS-SEC. - Au revoir, monsieur Pique-Prune.
 

SCÈNE IV

PIQUE-PRUNE ; SERGENT BOIS-SEC ;
MADAME GARGAMELLE ; GRENOUILLARD


Madame Gargamelle.
 

MADAME GARGAMELLE, suivie de Grenouillard. - Bonjour, Sergent, bonjour, monsieur Pique-Prune. Grenouillard, dis bonjour à monsieur Pique-Prune.


Grenouillard.

GRENOUILLARD. - Bonjour, monsieur Pique-Prune, bonjour, monsieur le Sergent.

SERGENT BOIS-SEC. - Palsambleu, voici un enfant fort bien élevé, ma foi.


PIQUE-PRUNE. - Bonjour, bonjour. Madame Gargamelle, on m'a dit que vous aviez un neveu capable de me seconder dans mon travail...

MADAME GARGAMELLE. - C'est exact, monsieur Pique-Prune. Il a appris le métier chez le compagnon Gilles Couture qui vient, hélas, de quitter ce monde.

PIQUE-PRUNE, à Grenouillard. - Et que sais-tu faire, mon enfant ?

GRENOUILLARD. - Monsieur, je sais piquer, surpiquer, bâtir, surjeter, repasser, tailler, assembler, ravauder...

PIQUE-PRUNE. - Tout ça, à un si jeune âge ! Ça tient du merveilleux !

GRENOUILLARD. - J'ai eu le meilleur des maîtres, monsieur.

PIQUE-PRUNE. - Bien, et quel salaire demanderais-tu ?

GRENOUILLARD. - Le couvert, monsieur, et un salaire correspondant à dix pour cent de ce que je vous rapporterai.

PIQUE-PRUNE. - Tu travailles si bien que ça ?

GRENOUILLARD. - Mettez-moi à l'épreuve, monsieur.

PIQUE-PRUNE. - Et bien, d'accord. Madame Gargamelle, Sergent, soyez nos témoin. J'engage ce garçon pour trois repas par jour et pour dix pour cent de ce qu'il me rapportera.

SERGENT BOIS-SEC. - Parole de militaire, je suis témoin !




 
 
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