THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

NARRATEUR. - Grand-mère Anna et Alionouchka sont donc parties pour cueillir des baies colorées en laissant leur taureau dans la clairière. Le taureau est magnifique ! Mais qui est-ce que je vois arriver ? C'est monsieur Loup, ma parole !

LOUP. - (Il entre sur l'écran et stoppe devant le taureau). Qu'est-ce que c'est ? Cela fait des années que je viens dans ce pré, je n'ai jamais vu un tel spectacle ! Hé ! Taureau ! Tu n'as rien à faire là ! Tu es sur mon territoire ! Va-t-en !

TAUREAU. - … (et pour cause).

LOUP, s'énervant. - Tu es sourd ou quoi ?! Je t'ai dit de t'en aller ! D'accord ! Je vais te pousser dehors ! (Il touche le taureau et reste collé au goudron). Quoi ? Hein ? Comment ? Tu m'as fait prisonnier ! Je suis collé ! Au secours ! Aidez-moi ! À l'aide !

(Grand-mère Anna et Alionouchka entrent sur l'écran).

GRAND-MÈRE. - Oh ! Alionouchka ! Regarde ! Un magnifique loup a été attrapé par notre beau taureau de paille et de goudron !

ALIONOUCHKA. - Quel bonheur ! Je vais avoir de la fourrure pour me faire un grand manteau ! Regarde, Mamie, il est plein de dents ! On va devenir riches ! Les crocs de loup se vendent très cher ! Et je ne parle même pas de ses griffes...

LOUP. - Pitié, princesse, pitié, noble dame ! Laissez-moi retourner vers mes petits louveteaux, je vous apporterai des moutons recouverts de laine, des chèvres au regard de velours et des cochons bien gras.

ALIONOUCHKA. - Qu'en penses-tu Grand-mère ?

GRAND-MÈRE. - Si ce loup dit bien la vérité, s'il n'a qu'une parole...

LOUP. - …Oui, jolie Grand-mère, je n'ai qu'une...

ALIONOUCHKA. - C'est d'accord, Loup, j'ai pitié de toi ! (Elle s'approche du loup et fait mine de le détacher du taureau). Sauve-toi, mais ne m'oublie pas !

LOUP. - Oh oui ! Ma jolie Alionouchka ! Attends-moi ! Je t'envoie ta récompense.

(Le loup sort de son côté et on voit arriver un défilé de moutons, de chèvres et de cochons. Grand-mère et Alionouchka sortent de l'autre côté en traînant avec elles le taureau de paille et de goudron).

(La lumière pourra s'éteindre et se rallumer pour simuler la nuit et le lever du jour).

NARRATEUR. - Le cinquième jour, Grand-mère Anna et Alionouchka ont emmené de nouveau le taureau avec elles. Elles l'ont conduit jusqu'à la clairière.

GRAND-MÈRE. - Alionouchka, notre taureau ne risque pas de se sauver... J'ai vu des prunes noires qui semblent sucrées à souhait. On va en cueillir ?

ALIONOUCHKA. - Des prunes noires ? Mais bien sûr, Grand-mère, allons-y !

(Elles quittent l'écran).

NARRATEUR. - Grand-mère Anna et Alionouchka sont donc parties pour cueillir des prunes noires en laissant leur taureau dans la clairière. Le taureau est magnifique ! Mais qui est-ce que je vois arriver ? C'est monsieur Tigre, ma parole !

TIGRE. - (Il entre sur l'écran et stoppe devant le taureau). Qu'est-ce que c'est ? Cela fait des années que je viens dans ce pré, je n'ai jamais vu un tel spectacle ! Hé ! Taureau ! Tu n'as rien à faire là ! Tu es sur mon territoire ! Va-t-en !

TAUREAU. - … (et pour cause).

TIGRE, s'énervant. - Tu es sourd ou quoi ?! Je t'ai dit de t'en aller ! D'accord ! Je vais te pousser dehors ! (Il touche le taureau et reste collé au goudron). Quoi ? Hein ? Comment ? Tu m'as fait prisonnier ! Je suis collé ! Quelle horreur ! Si j'appelle au secours, les hommes vont me faire prisonnier !

(Grand-mère Anna et Alionouchka entrent sur l'écran).

GRAND-MÈRE. - Oh ! Alionouchka ! Regarde ! Un superbe tigre a été attrapé par notre beau taureau de paille et de goudron !

ALIONOUCHKA. - Quel bonheur ! Je vais avoir de la fourrure pour me faire un grand tapis ! Il rendra bien, devant la cheminée de ma chambre ! Regarde, Mamie, il est plein de dents ! On va devenir riches ! Les dents de tigre se vendent très cher !

TIGRE. - Pitié, princesse, pitié, noble dame ! Laissez-moi retourner vers ma vie sauvage.

ALIONOUCHKA. - Tigre, tu as des petits ?

TIGRE. - Hélas non, belle Alionouchka. Je suis toujours célibataire...

ALIONOUCHKA. - Alors, pourquoi devrais-je te libérer ?

TIGRE. - Par simple charité, belle Alionouchka, par simple charité. Mais tu n'es pas obligée de me libérer ! Prends-moi avec toi ! Je promets d'être toujours gentil avec toi. Je te protégerai... je chasserai et je pêcherai pour toi...

ALIONOUCHKA. - C'est d'accord, Tigre, j'ai pitié de toi ! Mais c'est surtout parce que tu as des yeux magnifiques ! (Elle s'approche du tigre et fait mine de le détacher du taureau). Tu peux venir avec moi !

TIGRE. - Oh oui ! Ma jolie Alionouchka !

NARRATEUR. - Mais, que se passe-t-il ? On dirait que le tigre a ahcngé...

(Le tigre se transforme en beau jeune homme).

IGOR. - Merci, belle et douce Alionouchka. C'est moi, le tigre. La sorcière Baba Yaga m'avait transformé en animal car j'avais refusé de me fiancer avec elle... Tu viens de me délivrer. Je m'appelle Igor !

ALIONOUCHKA. - Tu es un prince charmant, Igor ?! Mon prince charmant ?

IGOR. - Hélas, belle et douce Alionouchka. Je ne suis qu'un simple moujik. Mais je sais cultiver la terre et m'occuper des animaux de la ferme.

ALIONOUCHKA. - N'en dis pas plus, tu es fait pour moi !

(Elle se jette dans les bras d'Igor).

NARRATEUR. - Alionouchka est devenue la plus riche du village et elle a trouvé un bon mari. Et voici que mon conte est fini.

FIN




Le conte de base









 
 
 



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