THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LE TAUREAU DE GOUDRON

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d'après un conte populaire russe.

PERSONNAGES :
Grand-mère Anna,
Grand-père Nikolaï,
Alionouchka,
le taureau de paille et de goudron,
le lapin,
le renard,
l’ours,
le loup,
le tigre,
le jeune homme,
des poules, des canards, des oies, des dindons,
des cochons, des moutons,
des vaches, des taureaux, des chevaux...

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     L'écran sera séparé en deux parties : à gauche, la maison et sa cour. Au milieu : un arbre qui représente l'entrée de la forêt. À droite, un autre arbre qui symbolise la forêt. Entre les deux arbres, on trouve la clairière de l'histoire, là où les animaux se font prendre par le Taureau de goudron. Au besoin, on travaillera sur deux écrans. Sur l'écran de gauche, on aura la maison et sa cour. Sur celui de droite, on aura la clairière dans la forêt.

     (On fera apparaître les ombres énoncées : vieil homme, sa femme, la maison à gauche, un arbre à droite).
 
NARRATEUR. - Nikolaï, un vieil homme, vivait avec sa femme, Anna, qui était aussi vieille que lui, dans une petite maison. Où ça ? Mais dans la grande plaine, voyons ! Autrement, où voudriez-vous que ça soit ? Ils habitaient en bordure d'un joli village, près d'une jolie rivière et tout près d'une jolie forêt. Ils avaient une petite-fille, Alionouchka. Elle vivait avec eux car ses parents travaillaient dans la grande ville et elle ne les voyait pas souvent.
     Dans le village, tout le monde avait du bétail : (on fera un mini défilé des animaux à leur évocation) certains avaient des vaches, d'autres avaient des veaux, d'autres avaient des moutons, d'autres des cochons, d'autres des dindons... et ri et ron, petit patapon... Bien sûr, Anna, Nikolaï et Alionouchka, eux, ils n'avaient rien du tout, pas même un vieux coq déplumé qui leur aurait annoncé la levée du jour.
     Un jour, le grand-père a dit à sa femme :
 
GRAND-PÈRE. - Mamie, faisons un taureau pour notre Alionouchka. Comme ça, vu de loin, on pourra faire les beaux avec les habitants du village et les enfants ne se moqueront plus de notre jolie Alionouchka.

GRAND-MÈRE. - Je veux bien, Nikolaï. Mais avec quoi vas-tu le fabriquer ? Tu sais bien qu'on n'a rien !

GRAND-PÈRE. - Mais non, Anna, mais non ! Il nous reste de la paille. Faisons donc un taureau de paille !
 
GRAND-MÈRE. - De la paille ? Mais, mon pauvre ! Il va tomber en miette à la première pluie, ton taureau !

GRAND-PÈRE. - Il me reste le fond d'un tonneau de goudron. Ça devrait suffire.

GRAND-MÈRE. - Alors, je ne dis plus rien, Nikolaï ! Fabriquons-le, ton taureau de paille et de goudron. Mais faisons attention. Le goudron, ça colle énormément !

NARRATEUR. - Nos deux vieux ont fabriqué un taureau avec de la paille, ils l'ont recouvert de goudron et ils l'ont mis dans la cour. (On fera sortir le taureau du sol).

GRAND-PÈRE. - Regarde, Anna, je crois que nous l'avons réussi.

GRAND-MÈRE. - Tu as raison, mon cher Nikolaï, il est magnifique.

     (Ils rentrent dans la maison en tirant le taureau de paille et de goudron avec eux).

NARRATEUR. - La nuit a passé. (On pourra éteindre et rallumer la lumière derrière l'écran pour simuler la tombée de la nuit, la nuit et le lever du jour. Un variateur d'intensité fera merveille).

GRAND-PÈRE, sortant sur le pas de la porte. - Bonne journée, mes chéries. Amusez-vous bien !

ALIONOUCHKA, sortant à son tour. - À ce soir, Grand-père Nikolaï. On te rapportera quelque chose.

GRAND-MÈRE, sortant à son tour. - À ce soir, Nikolaï.

GRAND-PÈRE. - À ce soir, mes chéries.

 
     (Grand-mère Anna et Alionouchka quittent la maison en traînant le taureau derrière elles. Elles s'arrêtent dans une clairière).

GRAND-MÈRE. - Alionouchka, notre taureau ne risque pas de se sauver... J'ai vu des fraises des bois qui devraient être bien mûres. On va en cueillir ?

ALIONOUCHKA. - Des fraises des bois ? Mais bien sûr, Grand-mère Anna, allons-y !

     (Elles quittent l'écran en laissant le taureau de paille et goudron).

 
NARRATEUR. - Grand-mère Anna et Alionouchka sont donc parties pour cueillir des fraises en laissant leur taureau dans la clairière. Le taureau est magnifique ! Mais qui est-ce que je vois arriver ? C'est monsieur Lièvre, ma parole !
 
LIÈVRE. - (Il entre sur l'écran et stoppe devant le taureau). Qu'est-ce que c'est ? Cela fait des années que je viens dans ce pré, je n'ai jamais vu un tel spectacle ! Hé ! Taureau ! Tu n'as rien à faire là ! Tu es sur mon territoire ! Va-t-en !

TAUREAU. - … (et pour cause).

LIÈVRE, s'énervant. - Tu es sourd ou quoi ?! Je t'ai dit de t'en aller ! D'accord ! Je vais te pousser dehors ! (Il touche le taureau et reste collé au goudron). Quoi ? Hein ? Comment ? Tu m'as fait prisonnier ! Je suis collé ! Au secours ! Aidez-moi !

(Grand-mère Anna et Alionouchka entrent sur l'écran).

GRAND-MÈRE. - Oh ! Alionouchka ! Regarde ! Un joli lièvre a été attrapé par notre beau taureau de paille et de goudron !

ALIONOUCHKA. - Quel bonheur ! Nous allons avoir de la viande à notre prochain repas ! Regarde, Mamie, il a l'air bien gras ! Je pourrai faire une jolie paire de gants avec sa peau.

LIÈVRE. - Pitié, princesse, pitié, noble dame ! Laissez-moi rentrer chez moi, je vous apporterai des perles et des rubans. Tu pourras être la plus belle, Alionouchka. Laisse-moi partir. J'ai une famille...

ALIONOUCHKA. - Qu'en penses-tu Grand-mère ?

GRAND-MÈRE. - Si ce lièvre dit bien la vérité, s'il n'a qu'une parole...

LIÈVRE. - …Oui, jolie Grand-mère, je n'ai qu'une...

ALIONOUCHKA. - ...C'est d'accord, Lièvre, j'ai pitié de toi ! (Elle s'approche du lièvre et fait mine de le détacher du taureau). Sauve-toi, mais ne m'oublie pas !

LIÈVRE. - Oh oui ! Ma jolie Alionouchka ! Attends-moi ! Je reviens dans un instant.

(Le lièvre revient, donne une caisse à Alionouchka et ressort. Grand-mère et Alionouchka sortent de l'autre côté en traînant avec elles le taureau de paille et de goudron et la caisse donnée par le lièvre).

(La lumière pourra s'éteindre et se rallumer pour simuler la nuit et le lever du jour).

NARRATEUR. - Le deuxième jour, Grand-mère Anna et Alionouchka ont emmené de nouveau le taureau avec elles. Elles l'ont conduit jusqu'à la clairière.

GRAND-MÈRE. - Alionouchka, notre taureau ne risque pas de se sauver... J'ai vu des champignons des bois qui devraient être bien goûteux. On va en cueillir ?

ALIONOUCHKA. - Des champignons des bois ? Mais bien sûr, Grand-mère, allons-y !

(Elles quittent l'écran).

NARRATEUR. - Grand-mère Anna et Alionouchka sont donc parties pour cueillir des champignons en laissant leur taureau dans la clairière. Le taureau est magnifique ! Mais qui est-ce que je vois arriver ? C'est monsieur Renard, ma parole !

RENARD. - (Il entre sur l'écran et stoppe devant le taureau). Qu'est-ce que c'est ? Cela fait des années que je viens dans ce pré, je n'ai jamais vu un tel spectacle ! Hé ! Taureau ! Tu n'as rien à faire là ! Tu es sur mon territoire ! Va-t-en !

TAUREAU. - … (et pour cause).

RENARD, s'énervant. - Tu es sourd ou quoi ?! Je t'ai dit de t'en aller ! D'accord ! Je vais te pousser dehors ! (Il touche le taureau et reste collé au goudron). Quoi ? Hein ? Comment ? Tu m'as fait prisonnier ! Je suis collé ! Au secours ! Aidez-moi !

(Grand-mère Anna et Alionouchka entrent sur l'écran).

GRAND-MÈRE. - Oh ! Alionouchka ! Regarde ! Un joli renard a été attrapé par notre beau taureau de paille et de goudron !

ALIONOUCHKA. - Quel bonheur ! Je vais avoir de la fourrure pour doubler les bottes de toute la maisonnée ! Regarde, Mamie, sa queue est magnifique ! On pourrait en faire une écharpe !

RENARD. - Pitié, princesse, pitié, noble dame ! Laissez-moi retourner vers mes petits renardeaux, je vous apporterai des oies, des canards et des poulets pour cela. En plus, jolie Alionouchka, je te donnerai de la viande, un oreiller en duvet et un lit de plumes !

ALIONOUCHKA. - Qu'en penses-tu Grand-mère ?

GRAND-MÈRE. - Si ce renard dit bien la vérité, s'il n'a qu'une parole...

RENARD. - …Oui, jolie Grand-mère, je n'ai qu'une...

ALIONOUCHKA. - C'est d'accord, Renard, j'ai pitié de toi ! (Elle s'approche du renard et fait mine de le détacher du taureau). Sauve-toi, mais ne m'oublie pas !

RENARD. - Oh oui ! Ma jolie Alionouchka ! Attends-moi ! Je t'envoie ta récompense !

(Le renard sort de son côté et on voit arriver un défilé de volailles : poules, canards, oies, dindons, avec des jambons, des côtelettes... Grand-mère et Alionouchka sortent de l'autre côté en traînant avec elles le taureau de paille et de goudron).

(La lumière pourra s'éteindre et se rallumer pour simuler la nuit et le lever du jour).

NARRATEUR. - Le troisième jour, Grand-mère Anna et Alionouchka ont emmené de nouveau le taureau avec elles. Elles l'ont conduit jusqu'à la clairière.

GRAND-MÈRE. - Alionouchka, notre taureau ne risque pas de se sauver... J'ai vu des fleurs sauvages qui devraient sentir bon. On va en cueillir ?

ALIONOUCHKA. - Des fleurs sauvages ? Mais bien sûr, Grand-mère, allons-y !

(Elles quittent l'écran).

NARRATEUR. - Grand-mère Anna et Alionouchka sont donc parties pour cueillir des fleurs sauvages en laissant leur taureau dans la clairière. Le taureau est magnifique ! Mais qui est-ce que je vois arriver ? C'est monsieur Ours, ma parole !

OURS. - (Il entre sur l'écran et stoppe devant le taureau). Qu'est-ce que c'est ? Cela fait des années que je viens dans ce pré, je n'ai jamais vu un tel spectacle ! Hé ! Taureau ! Tu n'as rien à faire là ! Tu es sur mon territoire ! Va-t-en !

TAUREAU. - … (et pour cause).

OURS, s'énervant. - Tu es sourd ou quoi ?! Je t'ai dit de t'en aller ! D'accord ! Je vais te pousser dehors ! (Il touche le taureau et reste collé au goudron). Quoi ? Hein ? Comment ? Tu m'as fait prisonnier ! Je suis collé ! Au secours ! Aidez-moi ! À l'aide !

(Grand-mère Anna et Alionouchka entrent sur l'écran).

GRAND-MÈRE. - Oh ! Alionouchka ! Regarde ! Un bel ours a été attrapé par notre beau taureau de paille et de goudron !

ALIONOUCHKA. - Quel bonheur ! Je vais avoir de la fourrure pour me faire une couverture ! Regarde, Mamie, il est bien gras ! On va avoir de la viande pour longtemps !

OURS. - Pitié, princesse, pitié, noble dame ! Laissez-moi retourner vers mes petits oursons, je vous apporterai des vaches et un taureau pour cela. En plus, jolie Alionouchka, je te donnerai un pot de miel dont tu me donneras des nouvelles !

ALIONOUCHKA. - Qu'en penses-tu Grand-mère ?

GRAND-MÈRE. - Si cet ours dit bien la vérité, s'il n'a qu'une parole...

OURS. - …Oui, jolie Grand-mère, je n'ai qu'une...

ALIONOUCHKA. - C'est d'accord, Ours, j'ai pitié de toi ! (Elle s'approche de l'ours et fait mine de le détacher du taureau). Sauve-toi, mais ne m'oublie pas !

OURS. - Oh oui ! Ma jolie Alionouchka ! Attends-moi ! Je t'envoie ta récompense !

(L'ours sort de son côté et on voit arriver un défilé de vaches, de veaux, de taureaux. Grand-mère et Alionouchka sortent de l'autre côté en traînant avec elles le taureau de paille et de goudron).

(La lumière pourra s'éteindre et se rallumer pour simuler la nuit et le lever du jour).

NARRATEUR. - Le quatrième jour, Grand-mère Anna et Alionouchka ont emmené de nouveau le taureau avec elles. Elles l'ont conduit jusqu'à la clairière.

GRAND-MÈRE. - Alionouchka, notre taureau ne risque pas de se sauver... J'ai vu des baies colorées qui devraient nous régaler. On va en cueillir ?

ALIONOUCHKA. - Des baies colorées ? Mais bien sûr, Grand-mère, allons-y !

(Elles quittent l'écran).


 
 
 



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