THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

LES  PAPILLONS  DE  FANCHETTE

1911

Lemercier
 de Neuville
dessins de Jean Kerhor.

Domaine public.

 

http://www.archive.org/stream/ombreschinoisesd00lemeuoft#page/n5/mode/2up

DÉCOR

Une clairière dans une foret. Arbres.


COSTUMES

Fanchette, Jeune paysanne.
La Fée des Fleurs, Vieille femme couverte d'un vieux manteau.

La Fée des Fleurs, Costume de fée.
Rose, Bleuette, Costumes de jeunes filles.

Coqueliquette,


Dover publications inc.
 

FÉERIE EN UN ACTE

reine en théâtre d`ombres ombres chinoises silhouettes marionnette
Dover publications inc.


PERSONNAGES

FANCHETTE.
La Fée des Fleurs.

ROSE.
MARGUERITE.
BLEUETTE.
COQUELIQUETTE.


Dover publications inc.


SCÈNE PREMIÈRE


Dover publications inc.

 

ROSE, MARGUERITE, BLEUETTE, COQUELIQUETTE

Elles dansent en rond en chantant et des papillons voltigent sur leurs têtes.


RONDE

AIR : Du Poltron.

Dans les champs quand nous rencontrons,
Volant sur notre tête,
Les jolis petits papillons,
Nous nous mettons en fête.
Mais jamais nous ne les prenons.
Car ils sont vraiment très mignons gnons, gnons.
Volez ! Volez ! De ci, ne là,
Nulle de nous ne vous prendra, ra, ra.

Allez vous placer sur les fleurs
Où le vent vous balance.
Vous avez la même couleur
Et la même élégance.
Comme elles, nous vous épargnons
Car vous êtes vraiment mignons, gnons, gnons.
Volez ! Volez ! De ci, de là,
Nulle de nous ne vous prendra, ra, ra.

Papillons éblouissants,
Volez dans les vallées,
Vous êtes à nos yeux d'enfants
De belles fleurs ailées.
Toujours nous vous admirerons.
Toujours nous vous respecterons, rons, rons,
Volez ! Volez ! De ci, de là.
Nulle de nous ne vous prendra, ra, ra.


SCÈNE II

Les Mêmes, FANCHETTE


Fanchette
Dover publications inc.
 

FANCHETTE. - Oh ! les jolis papillons ! Et les belles petites filles. Je voudrais bien jouer avec elles. Tiens ! je vais me présenter moi-même. Bonjour, Mesdemoiselles, moi je m'appelle Fanchette, comment vous appelez vous ?

ROSE. - Moi, je m'appelle Rose.

MARGUERITE. - Et moi, Marguerite.

BLEUETTE. - Et moi, Bleuette.


COQUELIQUETTE. - Et moi, Coqueliquette.

FANCHETTE. - Oh ! les jolis noms ! Vous n'êtes pas du village ? Où demeurent vos parents ?

ROSE. - Nous n'avons pas de parents.

FANCHETTE. - Quoi ! Jamais une mère ne vous a embrassées avant de vous endormir ?

MARGUERITE. - Jamais nous n'avons reçu de baiser et jamais nous n'en avons donné.

FANCHETTE. - Mais où demeurez-vous ?

BLEUETTE. - Dans les villages voisins. Moi je suis de Saint-Saturnin où l'on fait de bonnes galettes. Rose est de Saint-Jean où l'on prépare si bien la crème ; Marguerite est de Saint-Nicolas où sont les meilleurs fruits ; et Coqueliquette est de Saint-Martin où l'on recueille le bon miel. Les gens de ces villages sont bons pour nous, ils nous logent dans leurs granges le soir quand nous rentrons, et chaque matin ils nous donnent la nourriture de la journée que nous venons partager ensemble ici.

COQUELIQUETTE. - Oh ! nous sommes très heureuses !

FANCHETTE. - Comment pouvez-vous l'être, si vous n'avez pas de mère ?

BLEUETTE. - Une mère ? Qu'est-ce que cela ?

FANCHETTE

Air de Joseph.

Une mère, c'est la tendresse,
Le baiser au déclin du jour,
C'est la réchauffante caresse
D'un grand cœur pénétré d'amour.
On aime cette chère idole
Qui de sou côté vous chérit.
Pleurez-vous ? Elle vous console,
Souffrez-vous ? Elle vous guérit !


ROSE. - Personne ne nous parle ni ne nous embrasse que nos amies. Mais nous nous aimons bien et cela nous suffit. Allons, venez danser avec nous ! Voici nos papillons qui nous appellent.

FANCHETTE. - Comment faites-vous donc pour apprivoiser ainsi les papillons ?

ROSE. - Nous ne les apprivoisons pas, ce sont nos petits compagnons, ils nous suivent partout.

FANCHETTE. - Pourquoi donc ne me suivent-ils pas, moi ! Quand je m'approche d'eux, ils se sauvent, pourtant je ne leur ferais pas de mal.

ROSE. - Çà, nous ne savons pas ! (On entend un appel de corne).

FANCHETTE. - Qu'est-ce que c'est que cela ?

ROSE. - C'est l'appel de l'école. Tous les jours, à la même heure, cette corne nous avertit que nous devons cesser de jouer et nous rendre près de notre maîtresse qui nous donne des leçons. Reste ici, nous reviendrons bientôt. (Les quatre jeunes filles sortent au milieu d'un nuage de papillons).


 

SCÈNE III

FANCHETTE. - Me voilà encore seule ! Ce sont ces vilains papillons qui m'ont égarée ! Quand je dis vilains, jolis au contraire, mais ils m'ont fait perdre de vue Noiraude, ma vache. Où la retrouver dans cette forêt ? Je ne puis pourtant pas rentrer à la maison sans ma vache ! De quel côté me diriger ? Je ne sais pas où je suis. Ces jeunes filles et ces papillons m'ont troublée profondément.


SCÈNE IV

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http://www.cineressources.net/images/ouv_num/072.pdf
 

FANCHETTE. LA FÉE, vêtue en vieille entre lentement.


FANCHETTE. - Mais quelle est cette vieille femme qui s'avance lentement. Mon Dieu ! Elle pleure à chaudes larmes ! Tâchons de savoir ce qui cause son chagrin. (S'approchant de la fée.) Qu'avez-vous ? brave femme. Pourquoi pleurez-vous ainsi ? Contez-moi vos peines. Peut-être pourrai-je vous consoler.

LA FÉE. - Ma pauvre enfant, vous n'y pouvez rien. Mon chagrin est éternel, car je suis immortelle et mon destin est de pleurer toujours !

FANCHETTE. - Immortelle !?

LA FÉE. - Oui. Je suis une fée. Ah ! si vous m'aviez connue autre- fois ! J'étais jeune, j'étais jolie, aimée et admirée de tous ; on me nommait la Fée des fleurs ! Je suis la Fée des pleurs, maintenant.

FANCHETTE. - Que vous est-il donc arrivé ?




 
 
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