THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE

ORATORIO EN VINGT TABLEAUX

POÈME DE MONSIEUR L’ABBÉ DUTERNE


MUSIQUE DE JEAN FRAGEROLLE

1911 - domaine public

PROLOGUE

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Alexandrie, ô ville fortunée,
Tu vis naître une enfant dont le chaste hyménée,
Le courageux exemple et les accents divins
Convertirent à Dieu des milliers de païens.
 


PREMIER TABLEAU

CATHERINE À L’ÉCOLE

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Or Catherine était de haut lignage ;
Par son esprit, dès son jeune âge,
Elle étonna le peuple et ses parents.
Pour mieux l'instruire en la logique,
Philosophique et rhétorique,
On la remit à des savants.

 

DEUXIÈME TABLEAU

L'ERMITE

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Que peut la science de l'homme
Près de celle qui vient des cieux ?
Par un ermite qu'on renomme
Pour son zèle ardent et pieux,
La mère de notre héroïne
Apprend déjà les saintes lois.
Elle amène à l'ermite à son tour Catherine
Qui brûle de connaître un Dieu mort sur la croix.
 

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« Ô vierge, dit le saint que la gloire environne,
Un fier destin t'attend dans les temps révolus
Car le plus bel époux te tresse une couronne
Au pays des élus ! »

 

TROISIÈME TABLEAU

VISION DE MARIE ET DES SAINTS


C'est la nuit. Côte à côte et la fille et la mère
Reposent, quand jaillit une vive lumière :
C'est Marie et les bienheureux !
« Parmi tous ces héros de ma troupe fidèle,
Choisis pour ton époux, dit la reine immortelle,
Celui qui te plaira le mieux. »
Mais nul ne peut toucher la vierge inconsolée
Qui cherche vainement dans la sainte assemblée
L'objet cher à ses vœux.

 

QUATRIÈME TABLEAU

VISION DE JÉSUS ET DES ANGES


Or voici que sortant des profondeurs de l'ombre,
Des esprits bienheureux le cortège sans nombre
Accompagne le divin Roi.
Il passe sous les yeux de la jeune princesse ;
Mais un seul d'entre eux tous, un seul par sa noblesse
Dans son cœur a jeté l'émoi.
« C'est Jésus que je veux ! » Lors le divin Messie
Dit : « À toi si tu veux que je me fiancie,
Des chrétiens adopte la loi.

 

CINQUIÈME TABLEAU

MARIAGE MYSTIQUE DE SAINTE CATHERINE


Brûlant d'être bientôt chrétienne,
À Jésus la jeune païenne
Offre son cœur et on esprit.
Pour que sa croyance nouvelle
Devant l'ennemi ne chancelle,
L'ermite en quelques jours l'instruit.
Et dès que l'eau du saint baptême
À, par une faveur suprême,
Coulé sur son front chaste et fort,
Son divin fiancé s'incline
Et, gage d'union divine,
Lui passe au doigt un anneau d'or.

 

SIXIÈME TABLEAU

L’ÉDIT DE MAXIMIN


Le céleste bijou qui brille
À son doigt a trahi la trop heureuse fille.
Un lâche délateur au farouche empereur
Vient dénoncer la nouvelle chrétienne ;
Et Maximin, fidèle à l'erreur ancienne,
Rend un arrêt de haine et de fureur.
Aux dieux de nos aïeux de pompeux sacrifices
Par nous sont ordonnés. Et les derniers supplices
Iront frapper ceux qui, devant le temple ouvert,
Ne voudront adorer Vénus ou Jupiter

 

SEPTIÈME TABLEAU

SACRIFICES AUX DIEUX


On porte les ordres du prince
Jusqu'au fond de chaque province ;
Arrive enfin le jour fatal.
Des plus sanglantes hécatombes
De bœufs, de brebis, de colombes,
Maximin donne le signal.

 

HUITIÈME TABLEAU

REPROCHES DE CATHERINE À MAXIMIN


Devant l’idolâtrie en fête
Catherine lève la tête.
L'époux divin est son soutien.
Elle accourt frémissante et fière
Et reproche au nouveau Tibère
Le néant du culte païen.
Confondu de tant d'assurance,
Subjugué par tant de beauté,
Le monarque étonné dit avec nonchalance
De surseoir à son arrêté.
Par un édit nouveau de son immense empire
Il appelle vers lui les plus sages docteurs
Pour le convaincre et la réduire,
Ils seront cinquante orateurs.

 

NEUVIÈME TABLEAU

DISCOURS DE CATHERINE AUX DOCTEURS


De cinquante docteurs la lice est encombrée.
Devant tous, sans émoi, Catherine inspirée
Vient confesser sa foi :
« Les dieux à qui va votre hommage
De tous les vices sont l'image ;
Ils sont rancune et cruauté.
Vous n'en connaissez pas le nombre
Et chaque nation qui sombre
Vous lègue une divinité.

Vous ne voyez pour votre honte
Dans le firmament qui monte
Que mensonge et qu'obscurité.
Le Dieu que j'aime et révère
D'un seul geste a créé la terre,
L'océan en courroux, le ciel plein de clarté.
Dans mon corps que la nuit appelle,
Il a mis une âme immortelle
Pour revivre au ciel enchanté.
C'est le seul Dieu qu'il nous faut suivre,
En lui si vous voulez revivre
Dans la splendide éternité.
 


DIXIÈME TABLEAU
 

CONVERSION DES CINQUANTE DOCTEURS


Tandis que l'enfant vibrait, l'accent sonore,
Il régnait un calme profond
Elle ne parlait plus, on l'écoutait encore.
Sa voix disait : « Les dieux s'en vont
Et le Dieu de Saint Jean, de Saint Paul, de Saint Pierre,
Dans les esprits nouveaux inondés de lumière
Chassait le mensonge et l'erreur.
Puis lorsque l'empereur
Veut que l'on se souvienne
De défendre et venger les dieux. »

Les cinquante docteurs, phalange hier païenne,
Debout et frémissants, clament leur foi chrétienne,
Le courage dans l'âme et l'espoir dans les yeux.

 

ONZIÈME TABLEAU

MARTYRE DES CINQUANTE DOCTEURS


L'empereur Maximin ne contient plus sa rage.
Contre lui ses docteurs oseraient s'insurger ?
Cette abjuration pour lui est un outrage
Que le bûcher seul peut venger.
De force on les enchaîne
Pour un cruel trépas ;
Au foyer on les traîne,
Ils n'échapperont pas
À cet instant suprême
Qui voit finir leurs jours,
Catherine elle-même
Est leur dernier secours.
La vierge les engage,
Aux portes du Tombeau,
À mépriser la rage
De leur royal bourreau.
Bientôt la flamme monte,
Des nouveaux convertis,
L'âme légère et prompte
Gagne le paradis, gagne le riant paradis.

 

DOUZIÈME TABLEAU

CATHERINE EST FLAGELLÉE


Devant tant de ferveur, devant tant d’innocence,
Le farouche empereur, sentant son impuissance,
Voit monter sa fureur.
« Pour de pareils forfaits, la mort serait clémente ;
Valets, accourez tous.
La douce patience
Est livrée à vos coups. »

 

TREIZIÈME TABLEAU

CATHERINE EN PRISON


Plus tard viendra la mort.
En prison, sans lumière,
Sans eau, sans pain, la prisonnière
Appelle le moment bien doux
Où vers le firmament de flamme
Son âme
Ira vers le divin époux.
Mais ce divin époux de la vierge fidèle
Vient consoler lui-même au cachot odieux
Celle qui pour gagner une gloire éternelle,
Sans faiblir ni mentir a bravé les faux dieux.

« Ma fille reconnais ton créateur et maître.
J'ai vu tes bons combats, entendu ton appel

[…] (partie manquante)

N'est pas morte de faim veut consommer son crime
Et pour elle imagine un supplice nouveau
 




 
 
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