THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

ROBINSON  CRUSOÉ

par Paul EUDEL

domaine public.


Robinson homme en théâtre d`ombres silhouettes ombres chinoises marionnettes
http://www.cineressources.net/images/ouv_num/072.pdf
où on trouvera les autres ombres.


PERSONNAGES:

Robinson.
William.
Robinson père.
Madame Robinson.
Vendredi.
Sauvages.
Capitaine et matelots.
Un perroquet, un chien



ACTE  PREMIER

LE  DÉPART.



SCÈNE  I



ROB1NSON (Il vient de l'intérieur de la maison). - Le ciel est pur, le vent favorable : je vais donc m'embarquer et, avant le retour du jour, je serai déjà bien loin de cette maison où je suis né, où j'ai passé toute mon existence. Alors seulement, mon père et ma mère apprendront mon départ... que penseront-ils, lorsqu'ils me sauront ainsi parti, sans leur avoir fait mes adieux ?... sans doute, ils se désoleront... mais aussi, pourquoi se refusent-ils à me laisser naviguer, lorsqu'ils voient que je n'ai point de goût pour aucun autre état que celui de marin ? En voulant me faire manquer ma vocation, ils m'obligent à leur désobéir.
     Que vois-je, le canot du navire vient à terre avec William ! serait-ce pour venir me chercher ?


SCÈNE  II

ROBINSON,  WILLIAM.


     (Le canot entre par le côté droit et va vers le môle; lorsqu'il est entièrement caché, William monte peu à peu sur le môle, allant vers te pavillon. Arrivé derrière le pavillon, il se retourne et se dirige vers la maison où il entre).


 

WILLIAM. - Eh bien, Robinson ! nous allons mettre a la voile, mon ami, es-tu prêt ?


ROBINSON. - Tu sais, mon cher William, que depuis longtemps, mes dispositions sont faites : je ne me ferai pas attendre. Mais, dis-moi, allons-nous partir à l'instant ?


WILLIAM. - Nous n'attendons plus que la marée pour pousser au large ; ainsi, tu vois qu'il n'y a pas de temps à perdre.
     Que dis-tu de ce temps ? tu ne pouvais, je pense, souhaiter une plus belle journée ? Ce sera une vraie partie de plaisir que ton premier voyage.
 


ROBINSON. - Ce n'est pas le temps qui m'inquiète.


WILLIAM. - Et quoi donc ?... ne t'ai-je pas dit que ma bourse était à ta disposition et que tu n'avais nullement à te tourmenter de tes frais de route.


ROBINSON. - Mon cher William, ce qui me désole, c'est de partir sans faire mes adieux à mon père.


WILLIAM. - Tu es un enfant, quand donc seras-tu plus raisonnable ? ne sommes-nous pas convenus que tu partirais sans prévenir tes parents ?


ROBINSON. - Oui, sans doute, et ma résolution est bien prise; mais je n'en suis pas moins tourmenté.


WILLIAM. - Eh ! bon dieu ! puisque ton parti est pris, pourquoi te tourmenter inutilement ?
     Je suis plus heureux que toi, mon ami; le chagrin glisse sur mon cœur sans jamais y pénétrer; comme un vaisseau glisse sur l'eau, sans y laisser de trace.
     Écoute, si tu veux être bon marin, il faut d'abord en prendre le caractère (Il chante).


Chacun a sa philosophie,
Un marin a la sienne aussi.

Sur ma frégate, je défie
Et les chagrins et les souci.
Pour les dompter,
Les éviter,
Toujours avec moi j'embarque la folie ;
Dans le hamac,
Sur le tillac,
Je me distrais en fumant mon tabac
Et quand ma pipe est allumée,
Je me dis, que sont les grandeurs.
Les biens, l'amour et les honneurs ?
Ma foi, de la fumée ! (bis)


     Laisse, mon ami, tes soucis de côté; c'est une mauvaise marchandise à embarquer en voyage. Prépare-toi, plutôt, à faire gaiement ta première campagne ; puisque ta fortune et ton bonheur en dépendent. Crois-moi, profite de l'occasion qui se présente, afin de ne pas regretter un jour d'avoir fait l'enfant.
      Je ne t'en dis pas davantage ; car je ne suis pas ici pour te faire de la morale, mais plutôt pour te prévenir que nous levons l'ancre à la pleine mer, vers dix heures ; je viendrai alors te chercher. En attendant, je retourne au navire et puisque tes effets sont prêts, je vais à l'instant les faire prendre par un de mes matelots pour les conduire à bord (Il se retourne et descend le môle comme à son arrivée).



SCÈNE  III



ROBINSON. - William a raison, je me tourmente sans sujet. Bah ! quand je serai loin, mes parents ne penseront peut-être plus à moi. Ainsi, c'est bien décidé, je m'embarque.



SCÈNE  IV

ROBINSON,  UN  MATELOT.


(Le matelot monte le môle et entre ensuite dans le salon).
 

Homme en théâtre d`ombres silhouettes ombres chinoises marionnettes

LE  MATELOT. - Salut ! C'est t'i pas vos effets qu' faut qu' j emporte ?


ROBINSON. - Oui, mon garçon, viens avec moi, je vais te les remettre (Ils entrent tous deux dans la maison).




SCÈNE  V



(Le matelot entre du côté de la maison et descend le môle).

homme en theatre d`ombres ombres chinoises silhouettes marionnettes

SCÈNE  VI



(Le canot, chargé des effets de Robinson passe, venant du môle).



SCÈNE  VII


homme en théâtre d`ombres silhouettes ombres chinoises marionnettes

ROBINSON PÈRE (Il entre en scène par la gauche, après avoir dépassé le fauteuil s’assoit et pose une jambe sur le tabouret).

femme en théâtre d`ombres silhouettes ombres chinoises marionnettes

MADAME ROBINSON (après avoir dépassé le fauteuil, elle se retourne vers son mari).


ROBINSON PÈRE. - Ah ! ma femme, je ne suis pas bien aujourd'hui, je sens des douleurs dans les jambes qui me font craindre d'être obligé de garder le lit. Je ne pourrai donc point me débarrasser de ma vilaine goutte !


MADAME ROBINSON. - Il faut prendre patience, mon ami.


ROBINSON PÈRE. - Le malaise que j'éprouve provient,  sans doute, d'avoir très peu dormi cette nuit !


MADAME  ROBINSON. - Et par quel sujet, ton sommeil a-t-il été troublé, mon ami ?


ROBINSON PÈRE. - Par l'inquiétude que me donne notre enfant qui a un goût très prononcé pour la marine.


MADAME ROBINSON. - Je lui ai déjà dit toute la peine qu'il nous fait, mais il ne paraît pas m'écouter.


ROBINSON PÈRE. - Il ne faut point, ma femme, vous lasser de lui faire des remontrances, afin de n'avoir, au moins, rien à nous reprocher. Dis-lui donc de venir me parler ; je veux encore lui donner quelques conseils (Madame Robinson rentre dans la maison).


 





 
 
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