THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

SCÈNE III


Ce tableau est le même que pour la scène première du premier acte.

 

SCÈNE IV

MIRLIFLOR. assis dans un fauteuil, MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE.

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MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - Seigneur, vous voyez mille et mille beautés, toutes plus belles les unes que les autres, qui n'aspirent, ne respirent et ne soupirent qu'après le moment de développer les talents et les grâces, pour la danse, de la couronne et du chant...


MIRLIFLOR. - Je vous devine... Mais, dites-moi : mes gens ont-ils eu soin de vous : vous ont-ils fait rafraîchir ?

MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - Je suis comblé de leurs prévenances.

MIRLIFLOR. - À la bonne heure.

MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - Avec votre permission, monseigneur, mes filles vont vous montrer leurs talents et je vais les faire entrer les premières. Quel que soit votre arrêt, j'y suis soumis, dévoué.

MIRLIFLOR. - Vous pouvez les aller chercher.

(Monsieur de la Canardière sort).

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SCÈNE V

MIRLIFLOR, MADELON, LA FÉE.


MIRLIFLOR. - Commencez, belle Madelon.

MADELON. - Je vais chanter l'air : Quoi donc ! Est-ce vous offenser que de vous louer... (La fée paraît dans un nuage, Madelon chante.) Quoi... ! (elle n'en peut dire davantage).

MIRLIFLOR. - Quoi de plus pur que ce quoi là ? allons de la hardiesse.

MADELON, essayant encore. - Quoi !...

MIRLIFLOR. - Quoi ! Qu'est-ce qui vous arrête ?

MADELON (de même). Quoi !

MIRLIFLOR. - C'est la timidité, l'agitation. Allez vous remettre un peu à votre place, pendant que votre sœur va venir danser.

     (Madelon sort).


SCÈNE VI.

JAVOTTE, MIRLIFLOR.


MIRLIFLOR. - À vous, séduisante Javotte.

JAVOTTE. - Je vais danser le pas de trois (elle reste une jambe en l'air un moment, la baisse, la relève et n'en peut pas faire davantage).

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MIRLIFLOR. - Il paraît que la jambe gauche n'est pas aussi exercée que la droite.

JAVOTTE. - Je ne sais qui peut retenir ma jambe ; il semble que je sois ensorcelée (elle recommence et fait le même jeu).

MIRLIFLOR. - Allez vous reposer, une autre va prendre votre place.

JAVOTTE. - Quelle vexation ! (elle sort, la Fée disparaît).



SCÈNE VII

CENDRILLON. MIRLIFLOR.


MIRLIFLOR. - À votre tour, belle étrangère.


CENDRILLON (elle entre en chantant).

Air : Ah ! laissez-moi déraisonner.
Oui, j'aime danser, chanter ;
Ce sont les plaisirs de mon âge (bis
En attendant le mariage
Je veux au moins, bien m’amuser (bis).
     (Elle répète ce couplet et on entend sonner minuit).

CENDRILLON. - Oh ! Ciel ! minuit sonné ! je suis perdue (elle s'enfuit).


SCÈNE VIII


MIRLIFLOR. - Où donc peut-elle ainsi courir ? La chose est singulière ! elle allait obtenir le prix, pourquoi fuit-elle ? Holà, piqueurs, laquais, postillons, courez tous ventre à terre et ramenez-moi cette charmante princesse.
 

ACTE TROISIÈME

LE RETOUR DE CENDRILLON CHEZ SON PÈRE.

 

Même décoration que pour le premier acte.


SCÈNE I


CENDRILLON. - Ouf ! m'y voilà !... que va dire ma marraine ? Maudit bal, qui m'a fait oublier l'heure... que c'est ennuyeux de s'amuser comme ça !... La Fée m'a tenu parole, me v'là redevenue comme j'étais et la citrouille aussi. Mes deux souris et le gros rat sont rentrés dans la souricière. Allons, c'est fini, ma marraine ne m'aime plus... où est-elle maintenant ? (Elle appelle.) Minette ? Minette ?... Ah! mon Dieu ! elle n'est plus là ! je le disais bien, elle me boude, pauvre Cendrillon !... elle ne vient pas !... Que je suis malheureuse ! Minette ! Minette !


SCÈNE II

CENDRILLON, LA FÉE (elle paraît tout à coup).

 

LA FÉE. - Me voici, Cendrillon, que me veux-tu ?

CENDRILLON. - Ah ! ma bonne marraine ! Pardon ! j'ai manqué l'heure, mais, dame, je ne m'étais jamais trouvée à pareille fête. Et tenez, je suis venue si vite, que j'en ai perdu un de mes petits souliers verts.

LA FÉE. - Il se retrouvera ; et que cela te serve de leçon, une autre fois. Je me doutais bien qu'il t'arriverait quelque chose, mais sans te rien dire et sans être vue je te suivais partout et je me suis bien vite aperçue que tu avais perdu ta chaussure en fuyant.

 

CENDRILLON. - Je me souviendrai de cette leçon là, ma marraine, et je vous promets bien, une autre fois, d'être plus obéissante (on entend un tambour). Quel bruit de tambour ? Qu'est-ce que cela veut dire ? ma marraine, voulez-vous bien me permettre d'aller écouter ce qu'on va publier ?

LA FÉE. - Je t'y engage même, car cela te regarde et voici le moment où tes destins vont s'accomplir.

(Cendrillon sort et la Fée disparaît).

 


ACTE QUATRIÈME

MIRLIFLOR FAIT RECHERCHER LA PERSONNE 

QUI A PERDU LE PETIT SOULIER


La scène représente une place publique.


SCÈNE I

place publique ombres chinoises théâtre d`ombres silhouettes marionnettes free

 

UN TAMBOUR (vient faire la publication suivante). - On fait savoir à toutes les demoiselles qui ne sont pas mariées, qu'il a été perdu à la fête que le très haut et puissant seigneur Mirliflor a donnée hier soir, le soulier sans pareil d'une beauté céleste. Celui ou celle qui pourra le chausser aura l'honneur de devenir la princesse de Mirliflor ; à seule fin de retrouver l'épouse que le susdit prince veut épouser en légitime mariage, il invite toutes les susdites demoiselles qui ne sont pas mariées à retourner ce soir dans les appartements de son château. Une mise décente est de rigueur.


 
 



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