
ACTE CINQUIÈME
MARIAGE DE CENDRILLON.
Même décoration que pour le deuxième acte.
SCÈNE I
MIRLIFLOR (il reste pendant tout ce dernier acte assis dans son fauteuil).

UN GROUPE (portant le soulier sur un coussin passe et repasse en chantant). -
Air de La Trajan
Gloire mille fois
Au beau minois
Dont le pied charmant
Peut aisément
Entrer tout entier
Dans le joli soulier
Qu'au bal on perdit en fuyant. (bis.)
SCÈNE II
MIRLIFLOR, MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE.
MIRLIFLOR. - Monsieur de la Canardière, c'est par vos filles que l'épreuve va commencer.
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - Seigneur, c'est assurément pour moi et mes filles, mes filles et moi, un honneur très flatteur (il se retourne et sort).
SCÈNE III
MIRLIFLOR, MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE.

MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE (en rentrant). - À toi Javotte !...
SCÈNE IV
JAVOTTE, MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE, MIRLIFLOR.
JAVOTTE. - Mais, mon père, ça ne m'ira jamais.
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE (il se baisse). - Fais le petit pied.
JAVOTTE (elle crie). - Aïe ! mon Dieu ! vous me blessez ! (Elle chante.).
Il n'entrera pas.
La pantoufle est trop étroite.
Il n'entrera pas.
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE, se redressant. - Que diable as-tu dans les bas ?
JAVOTTE. -
J'ai le pied trop long ;
Vous voulez que je boîte
J'ai le pied trop long.
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - Où diantre as-tu le talon ? (Il se baisse).
JAVOTTE. (crie). - Aïe !
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. - J'y renonce. À toi Madelon.
(Javotte sort).
MADELON (elle chante). -
(Monsieur de ta Canardière se baisse).
Il ne m'ira pas
Je sens déjà qu'il me blesse.
Il ne m'ira pas.
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. (il se redresse). - Ton pouce ne finit pas.
MADELON. - Assez par pitié !
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. -
L'honneur d'être une princesse
N'est pas trop payé
Par un pied
Estropié.
Si j'avais pu prévoir cela il y a quarante ans seulement... Allons, dites à Cendrillon de venir.
SCÈNE VI
MIRLIFLOR, MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE, CENDRILLON.

MIRLIFLOR (il chante). -
Air : De Sultan Saladin.
À vous, jeune Cendrillon.
CENDRILLON. -
Eh quoi ! pauvre Cendrillon,
Oserai-je ici prétendre ?
MONSIEUR DE LA CANARDIÈRE. (Il se baisse). -
Essayez sans plus attendre.
Ciel, le soulier va très bien,
Très bien, fort bien,
Cela ne la blesse en rien. (Il se redresse).
Messieurs, mesdames, je proclame
Qu'elle est sa femme (bis).

RIDEAU
On peut télécharger le conte, magnifiquement illustré par Rackham en silhouettes :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56886555.r=cendrillon.langFR

Une version pour marionnettes est disponible sur Gallica :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8887770/f47.item.r=mesdemoiselles%20auroy
D'autres contes en ombres sont disponibles :
http://ombres-et-silhouettes.wifeo.com/contes.php