THÉÂTRE D'OMBRES ET DE SILHOUETTES

    Des épines poussèrent tout autour

     De nombreux princes, attirés par l'histoire de la Belle, ont essayé de les traverser... sans jamais y arriver. Beaucoup d'années ont passé.

     Un prince, venu d'un pays lointain, finit par arriver dans le pays. Il rencontra un paysan.

 

PRINCE. - Holà, manant. Peux-tu me dire ce qu'il y a derrière cette montagne d'épines ?

LE  PAYSAN. - Dieu vous garde de le savoir, mon prince. Derrière ces épines, il y a la plus belle des princesses. Elle dort d'un sommeil magique depuis bien des années. Elle attend le baiser d'un prince pour être délivrée.

PRINCE. -Tu es bien sûr de ce que tu me dis ?

LE  PAYSAN. - C'est du moins ce qu'on raconte. Mon père racontait déjà cette histoire, et son père avant lui et le père de son père encore avant.

PRINCE. - Et de quoi voulais-tu me mettre en garde, paysan ?

 

LE  PAYSAN. - Monseigneur, beaucoup de jeunes gens, et pas seulement des princes, sont morts en essayant de traverser cette forêt d'épines...

LE  PRINCE. - Tant pis ou tant mieux pour moi. J'y vais !

 

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NARRATEUR. - Et le prince traversa la forêt d'épines. Les ronces s'écartaient pour le laisser passer.

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     Il vit les gardes qui dormaient,
 

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les fontaines silencieuses,
 

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un chien endormi, les mâchoires encore refermées sur un os,
 

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un chat figé dans son élan alors qu'il essayait d'attraper une souris... Le prince entra dans le château.

LE PRINCE, avançant dans le château. (Il chante. Air : Il était un roi d'Yvetot).


On dit que, dans ce vieux château
Tout rempli de richesses,
Dort, depuis cent années bientôt

La plus belle princesse.
Un prince bon, jeune et vaillant
Viendra briser l'enchantement
Vraiment.
Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Je veux être ce prince-là
La la !

Sur mon chemin, j'ai vu partout
Des valets et des gardes,
Dormant assis, dormant debout

Avec leurs hallebardes.
De la princesse, les beaux yeux

Vont s'ouvrir au jour radieux,
Joyeux
Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
Je sens mon cœur battre déjà
La la !

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LE PRINCE. - Ô merveille ! La princesse est là... endormie. Sa beauté est divine... N'est-ce pas un rêve ? Je tremble d'émoi. (Il s'approche et la regarde). Qu'elle est belle ! Ses boucles d'or encadrent ses joues roses, et ses lèvres vermeilles s'entrouvrent dans un doux sourire. En la contemplant, je sens mon cœur s'ouvrir à l'amour. (Il s'agenouille et lui prend la main). Sur cette jolie petite main, je veux mettre un tendre baiser.


     (Au moment où il lui baise la main, la princesse s'éveille, elle se dresse sur son lit en se frottant les yeux).
 

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LA PRINCESSE. - Est-ce vous, mon prince ? Vous vous êtes bien fait attendre ?


LE PRINCE. - Ô divine princesse ! Je suis le plus heureux des princes, puisque j'ai eu le bonheur d'avoir votre premier sourire.

LA PRINCESSE. - Vous êtes mon Prince charmant. Je vous ai vu bien souvent dans mes rêves, tel que je vous vois aujourd'hui.

LE PRINCE. - Je vous aime plus que moi-même, et je n'ai qu'un désir : vivre toujours à vos côtés.

LA PRINCESSE. - Mais j'y compte bien, mon prince ! En attendant, aides-moi à me lever, mes jambes sont tout engourdies par ce long sommeil. (Il lui donne la main, elle se met debout). Ah ! Qu'il fait bon vivre !

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     (À ce moment, les personnages s'éveillent et s'étirent longuement).

LA PRINCESSE. - Mon père ! Ma mère ! Je suis heureuse de vous voir et de vous présenter le prince charmant que j'ai attendu cent ans.

LA REINE. - Chère enfant !... chers enfants !... Est-il possible ? Quel immense bonheur !

     (Ils s'embrassent).

 

LE ROI. - Ce beau jour valait bien qu'on l'attendît cent ans ! Mes enfants, soyez heureux ; dès ce soir l'on vous mariera. Mais nous n'avons pas mangé depuis cent ans ! Nous mourons de faim ! (À la dame d'honneur). Je vous en prie, dites que l'on prépare un magnifique festin... nous lui ferons honneur ! En attendant, pour dégourdir nos jambes, dansons joyeusement.

 

Menuet ou gavotte
ou, à volonté, chanter et danser les couplets suivants :

Air : Nous n'irons plus au bois.
 

Fini l'enchantement !
Les cent ans sont passés !
Nous pouvons à présent
Rire, chanter, danser.
Ô chère Princesse,

C'est avec tendresse,

Que tous, en chœur,
Nous vous souhaitons le bonheur. (bis)
 

Pendant cent ans entiers,
La Belle au Bois dormant
Attendit l'arrivée
De son Prince charmant

Puissiez-vous, fillettes,
On vous le souhaite,

En moins de temps,
Trouver un prince charmant. (bis)

 

RIDEAU


     L'ouvrage illustré présente plus de silhouettes exploitables :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56874807.r=Rackham%2C+Arthur.langFR

     Sur Galllica, une version théâtrale pour marionnettes est disponible : 
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8887770/f31.item.r=Mesdemoiselles%20AUROY

     D'autres contes pour ombres chinoises sont disponibles ici :
http://ombres-et-silhouettes.wifeo.com/contes.php


 

 
 



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